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E?tre prêt, «more majorum»

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| 29 Février 2012 | 18196 vues
Editorial du COM.LE du Képi blanc N° 741

Faisant écho au thème de Camerone 2011, le fi lm "Par le sang versé - Histoire d'une loi" a été présenté au public le 26 janvier dernier à l'École militaire. Il y fait notamment allusion aux propos bien connus et élogieux prononcés par Pierre Messmer : "J'ai choisi la légion car je voulais faire la guerre avec des gens sérieux". Cette déclaration, faisant référence au début de la Seconde Guerre mondiale nous oblige tout particulièrement à nous poser la question suivante : sommes-nous à la hauteur de cette réputation ?

Depuis lors, la Légion étrangère a été engagée dans la plupart des opérations et des combats : Narvik, Bir Hakeim, Indochine, Algérie, Tchad, Zaïre, Liban, République de Côte d'Ivoire, Centre Afrique, Balkans nous rappellent les faits d'armes de nos anciens. L'engagement actuel en Afghanistan n'échappe pas à la règle. Nos régiments y sont souvent déployés, montrant leur robustesse et leur discipline de feu. Douze légionnaires y sont morts pour la France au combat. À l'évidence, les unités de Légion engagées se comportent face à l'ennemi avec dignité, courage et détermination. Et le légionnaire continue de combattre "More majorum".

Aujourd'hui, à l'allégement du dispositif des armées françaises en opérations extérieures vient s'ajouter le retrait progressif d'Afghanistan. Pour les unités, cette évolution se traduit parfois par l'annulation d'un départ programmé en opération. Ce genre de situation fait partie des aléas de notre métier de soldats, et le vrai combattant doit savoir affronter l'imprévu quel qu'il soit.

Regardons nos anciens dans un passé récent. En 1978, deux opérations sont simultanément déclenchées dans l'urgence, l'une au Tchad, l'autre au Zaïre. Les légionnaires, instruits, entraînés et aguerris répondent présents dans ces missions inopinées. Et pourtant, les unités désignées avaient connu de longues années sans engagements opérationnels. Il est donc essentiel que chacun, à sa place, soit instruit et, entraîné et prêt à partir.

Les Français qui aiment et respectent leur Légion étrangère pourront dire : ils sont toujours aussi sérieux et volontaires. Nous pouvons compter sur eux.

Je salue à cette occasion l'exemplarité d'un entraînement bien particulier, celui que mènent sans cesse les équipes du Centre d'entraînement en forêt équatoriale que j'ai vues à l'oeuvre tout récemment dans l'encadrement d'un stage international particulièrement exigeant, lors de ma visite au 3e Régiment étranger d'infanterie. Ils contribuent comme chacun doit savoir le faire à porter haut les couleurs de la Légion étrangère, au service de la France.

Et l'entraînement doit être exigeant. Il comprend lui aussi des risques comme nous l'a rappelé l'accident du caporal-chef Kamil Szymkowski, mort en service commandé le 1er février dernier.

Source : Magazine "Képi blanc".