11 Novembre, ne perdons pas la mémoire

Editorial du COM.LE du Képi blanc N° 760.

Nous venons de raviver la flamme pour la 90e fois sur la tombe du soldat inconnu, lors d'une cérémonie toute particulière. Ce jour férié permet à tous les Français de rendre hommage aux soldats français, aux citoyens tombés par devoir au cours de la "Grande guerre". Cette commémoration évite à ces combattants de tomber une seconde fois, plus gravement encore, dans l'oubli. C'est un devoir national de leur rendre hommage. Il est donc tout naturel que le chef de l'État, le gouvernement, les élus, les militaires et anciens combattants soient ce jour-là en première ligne, à l'honneur. Mais cela est-il suffisant ?

Trop peu d'hommes et de femmes choisissent de venir exprimer leur reconnaissance à ces "poilus" et aux soldats qui depuis un siècle, ont partagé le même destin. Trop peu de militaires, non désignés "de service" se mettent en tenue pour la circonstance et vivent cette journée de devoir comme un simple jour de permission !

On parle souvent du devoir de mémoire. Y aurait-il perte de mémoire ? C'est le moment de tirer les enseignements, non pas sur ce que devraient faire les autres, mais sur ce que chacun d'entre nous peut faire. Alors battons-nous contre nous-mêmes, en décidant d'être l'an prochain, à la même date, en tenue pour les légionnaires d'active, accompagnés des amis que nous aurons invités et qui ne savent peut-être pas où est érigé le monument aux morts de leur commune ! Soyons les ambassadeurs de ceux qui nous ont précédés. Exemplarité, pédagogie et devoir sont les leçons à retenir.

Voilà des notions qui ont fait leurs preuves et sont gravées dans le code d'honneur, lequel aide le légionnaire à grandir, à se structurer et à devenir un citoyen français s'il le souhaite.

La mission est sacrée, tu l'exécutes jusqu'au bout... nous rappelle le sens du devoir !

Respectueux des traditions, ... ces mots nous appellent au devoir de mémoire.

Alors retenons ceci : le 14 Juillet, nous clôturons avec une immense fierté le défilé à pieds de la fête nationale lorsque les Français sont nombreux sur les Champs-Élysées ou devant leur poste de télévision pour applaudir leurs soldats. De même, le 11 novembre, ayons la même fierté et sachons remercier tous ces soldats, citoyens mobilisés pour la plupart, qui ont donné leur vie pour la France, sans avoir eu la fierté de descendre les Champs-Élysées pour recueillir les applaudissements qu'ils auraient mérités.

Le 11 novembre est au citoyen français, ce que Camerone est au légionnaire, un anniversaire structurant ! Alors vivre ce cérémonial fait partie du parcours d'intégration de chacun d'entre nous dans la société française, dans le plus grand respect du courage de nos anciens !

Et la Légion étrangère a davantage de raisons que les autres de se recueillir ce jour-là, car elle ne peut oublier ce magnifi que poème de Pascal Bonetti, écrit en 1920 et qui s'achève ainsi :

"Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense,
Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé,
N'est pas cet étranger, devenu fi ls de France,
Non par le sang reçu, mais par le sang versé !"

 

Général Christophe de Saint Chamas,
commandant la Légion étrangère

 

Source : Képi Blanc magazine
Crédit : Légion étrangère

| Ref : 327 | Date : 03-12-2013 | 14707