Un choix unique

Ce choix unique de s’engager au service de la France en sachant qu’il pourra leur être demandé de mourir pour elle.

L’année 2012 a débuté avec le plan Hommage d’accueil des corps de nos deux légionnaires morts pour la France. Anciens,
amis et parisiens étaient présents sur le pont Alexandre III, tandis que des délégations offi cielles accueillaient ces deux
frères d’armes aux Invalides autour du chef d’état-major de l’armée de Terre. Le 3 janvier, quelques heures après les
voeux du président de la République, le ministre de la Défense présidait la cérémonie militaire de levée des corps, au 2e REG, en présence de nombreuses autorités civiles et militaires, prononçant un éloge funèbre emprunt de fierté devant le courage des soldats engagés en Afghanistan.

Au nom de la Légion étrangère, j’adresse mes plus vifs remerciements à tous ceux qui sont venus les 2 et 3 janvier : amicales, groupes constitués, militaires de tous grades d’active ou de réserve, familles de militaires, civils de la défense, parisiens et provinciaux.

La presse s’est fait écho du sacrifice de nos deux sous-officiers. Et pourtant, "Personne n’en parle, on ne dit rien !" m’a déclaré avec émotion et regret le père de l’un d’entre eux. Ce légitime cri du coeur montre l’importance de notre présence et de notre soutien pour contribuer à soulager la douleur des familles éprouvées. Des efforts ont cependant été faits et les médias ont couvert les événements à travers des articles émouvants et des photos chargées d’émotion et de fierté.

Il est cependant de mon devoir de souligner quelques principes souvent méconnus qui ont parfois été omis dans les différents reportages.

Ces deux sous-officiers se sont engagés comme légionnaires, le corps des sous-officiers de Légion étant constitué à partir des meilleurs légionnaires. Tous deux se sont engagés à titre étranger. L’un d’entre eux, Français de naissance, avait fait ce choix offert par la loi, de servir la France sous le statut "à titre étranger". Le second, Marocain à l’engagement, avait demandé et acquis la nationalité française. Mais il conservait lui aussi ce statut particulier du service à titre étranger.

Les règles de gestion sont juridiquement et structurellement différentes de celles de toutes nos armées : le légionnaire
ne peut être affecté ailleurs que dans une unité de la Légion étrangère, quelle que soit son ancienneté, il est lié au service par un contrat, il ne sert pas sa patrie, mais la Légion étrangère, sous commandement français.

Mais la plus grande différence, c’est qu’aujourd’hui, des étrangers font ce choix unique de s’engager au service de la France en sachant qu’il pourra leur être demandé de mourir pour elle.

Et s’ils font ce choix, c’est parce que la loi française les y autorise. Et s’il y a autant de raisons de s’engager qu’il y a de légionnaires, cette démarche est dynamisée par l’image de la France dans le monde, par son rayonnement qui fait
qu’aujourd’hui, dans plus de cent cinquante pays, des jeunes rêvent de servir la France dans les rangs de la Légion étrangère, ce "modèle d’intégration dans les valeurs de la République française" comme l’a déclaré le Président de la République lors de ses voeux aux Armées.

Honneur au major El Gharaffi ,
Honneur au sergent-chef Zingarelli.
Honneur à l’adjudant Svilen Simeonov tué le 20 janvier en Afghanistan.

Ils sont tombés pour la France et pour la gloire de la Légion
étrangère.
Montrons-nous dignes de leur engagement et de leur sacrifice
au cours de cette année 2012.

 

Éditorial du COM.LE du Képi blanc N° 740

| Ref : 232 | Date : 02-02-2012 | 15579